Alec Bradley Black Market – Gordo4 min de lecture

Alec Bradley Black Market Gordo

10,60 €
Alec Bradley Black Market Gordo
7.1

Tirage

8.0 /10

Construction

7.5 /10

Arômes

6.0 /10

Expérience globale

7.0 /10

Avantages

  • Belle construction
  • 3 heures de dégustation
  • Puissance contrôlée
  • Cigare gourmand

Inconvénients

  • Assez linéaire
  • Marketing discutable
  • Fumée un peu légère à mon goût
  • 'Faut le prendre pour ce qu'il est !
Récapitulatif

Le Alec Bradley Black Market Gordo est un cigare assez linéaire, qui ne fait pas dans la complexité.

Dégustation d’environ 3 heures, de puissance moyenne, sur des arômes de chocolat au lait très prononcé, avec quelques notes de fruits secs et de poivre.

La dégustation est très plaisante, soutenue par une bonne construction, et je pense qu’il serait un compagnon idéal entre 2 barbecues, en fin d’après-midi, ou en refaisant le monde.

Un gros module rassasiant et satisfaisant, à essayer sans en attendre beaucoup !

Dans l’univers du cigare, le marché américain est un peu spécial.

Avec l’embargo, les américains n’ont pas accès aux cigares cubains sur leur territoire, même s’ils peuvent en ramener chez eux depuis 2016.

Du coup, les marques (y compris les marques cubaines) font produire leur tabac au Honduras, au Nicaragua ou aux États-Unis, entres autres, et produisent des cigares dédiés avant tout au marché américain.

Peu de ces marques arrivent jusqu’à nous – il suffit de faire un tour sur un site américain de vente de cigares pour s’en rendre compte.

Et bien sûr, ces marques adoptent un marketing à l’américaine.

Si je te dis tout ça, c’est parce qu’aujourd’hui on va parler d’un de ces cigares : le Alec Bradley Black Market Gordo.

Beaucoup d’amateurs français ont des préjugés un peu négatifs sur ces marques, qui adoptent souvent une stratégie marketing agressive à base de bagues immenses avec des têtes de mort, de l’écriture gothique, j’en passe et des meilleures.

Et pourtant, ce cigare a été une bonne surprise pour moi, comme tu le vois avec la note au-dessus. Et je vais t’expliquer pourquoi !

Alec Bradley Black Market Gordo

Bon, on commence par les traditionnelles infos techniques.

Module Gordo
Longueur 152 mm
Diamètre 60
Cape Nicaragua
Sous-cape Sumatra
Tripe Panama, Honduras
Couleur (Colorado) Maduro

J’ai classé le cigare dans le Honduras sur le blog, mais c’est de façon assez arbitraire : il s’agit en fait d’un blend d’un peu partout, avec une sous-cape de Sumatra, une île du côté de Singapour.

Apparence et dégustation à cru

Le cigare est très imposant, avec un cepo de 60 et 15 cm de dégustation à venir.

alec-bradley-black-market-gordo

Il vient sous cellophane, avec une petite « manche » qui s’enlève pour révéler la « vraie » bague :

On coupe à la double guillotine.

À cru, le tirage est facile, et je perçois du bois et des fruits secs, ainsi que quelques notes un peu sucrées. Rien de bien complexe pour le moment, ce qui annonce un cigare assez linéaire.

Premier tiers

Dès les premières bouffées, le cigare est un peu all over the place, il va dans tous les sens.

Je perçois du bois, des fruits secs, du chocolat au lait, un peu de cuir. Bref, un profil pas tellement équilibré pour commencer, et je me dis que si c’est comme ça tout le long des 15 centimètres, ça risque d’être long.

Cela dit, il se stabilise rapidement autour de notes sucrées, agrémentées d’un peu de torréfié et de chocolat au lait. J’ai aussi quelques pointes de fruits à coque, comme de l’amande fraîche, assez agréables.

La fumée est assez légère mais abondante, et le tirage est facile. Le premier tiers est assez linéaire et se termine sur des notes de poivre vert peu prononcées.

Pour l’instant, la dégustation est plaisante mais peu complexe. La construction est bonne, et je n’ai pas eu besoin de faire de retouches : la cendre est blanche, compacte et tient.

Deuxième tiers

Lorsque la cendre tombe à l’entrée du deuxième tiers, je dois rallumer le cigare, mais ce sera la seule fois de la dégustation.

Il s’agit d’un de ces cigares où la division en tiers n’est pas vraiment opportune : la dégustation reste assez linéaire, même si le deuxième tiers est plus crémeux et que le côté chocolat au lait se trouve un peu renforcé.

Le cigare monte un peu en puissance alors que j’arrive à la bague, habilement placée au milieu de la vitole.

Ce deuxième tiers est donc sévèrement chocolat au lait, avec quelques notes un peu plus fraîches que je peine à définir exactement.

Les notes empyreumatiques côtoient une dégustation sucrée et gourmande plaisante. Même si le cigare est un peu plus corsé qu’au début, il n’y a pas de quoi faire suer un curé, on est clairement sur une puissance moyenne.

Troisième tiers, s’il en est

Bon, je l’ai déjà dit mais le cigare est assez linéaire, alors je ne sais pas si on peut vraiment parler de troisième tiers, ni d’évolution, sauf à mentionner le festival du début, qui s’est rapidement calmé.

Sur la fin, le Gordo de chez Alec Bradley se fait un peu plus poivré, mais ne cède ni à l’amertume ni aux saveurs astringentes, ce qui est très agréable.

Je laisse donc à peu près 2 centimètres de mégot après environ 3 heures de dégustation : au final, c’est un gordo !

Conclusion

Bon, si j’t’ai fait le laïus sur les marques américaines, c’est parce que ma conclusion sur ce cigare, c’est que … j’ai vraiment eu l’impression de fumer un truc pensé pour un américain, sans jugement de valeur.

Si tu suis un peu la scène américaine du cigare, tu connais peut-être TNTCigars, qui ont une chaine youtube sur laquelle ils font des reviews tout en poussant leurs produits.

Et à chaque fois qu’ils reviewent un cigare, surtout un Maduro, il n’ont qu’un seul mot à la bouche : sweet, sweet, sweet. Ça m’a toujours fait un peu bizarre, parce que les maduros de chez Horacio ou Cumpay ne sont pas vraiment ni doux ni sucrés.

Mais en fumant ce Gordo de chez Alec Bradley, j’ai un peu compris.

En fait, le cigare est assez linéaire, mais il est toujours doux, c’est-à-dire qu’il a toujours un côté sucré, genre chocolat au lait, parfois un peu Nesquik.

Cela dit, ça n’en fait pas du tout un mauvais cigare – je l’ai d’ailleurs plutôt apprécié. Mais il faut le prendre pour ce qu’il est : une dégustation linéaire et peu complexe, mais agréable et gourmande.

Et si tu fais partie des gens qui se demandent comment on peut trouver du chocolat au lait dans un cigare … ben essaie !