Alors comme ça, tu t’es mis au cigare.

Mais voilà le problème : tu ne sais pas quoi fumer. Au début, il est assez difficile de se repérer dans le paysage cigaristique (bim, deuxième paragraphe, néologisme !), et surtout de savoir comment choisir son prochain cigare.

Dans ce guide, je vais te livrer des infos que j’aurais aimé avoir quand j’ai commencé à me mettre au cigare aussi.

Des infos sur les marques, les terroirs, la façon de choisir, les différents types de cigares, etc.

Je vais tout te dire pour que tu sois capable de faire un choix éclairé pour ton prochain petit plaisir ! 🙂

Reconnaître un bon cigare

Avant toute chose, je veux t’apprendre à reconnaître si ton caviste te donne un bon cigare. Et je ne parle même pas du goût : simplement de savoir si cette vitole en particulier est de qualité.

Pour savoir si un cigare est bon, il faut faire 2 choses :

  1. Vérifier son aspect
  2. Le tâter

Vérifier l’aspect d’un cigare

Les cigares doivent être conservés à une humidité relative d’environ 70%, et une mauvaise conservation peut affecter l’apparence du cigare. S’il est trop sec, il pourrait par exemple se craqueler, etc.

Avant d’acheter un cigare, il faut donc que tu regardes s’il ne présente pas de déchirure, notamment au pied (le bout ouvert du cigare) ou à la tête (le bout fermé). Il faut aussi vérifier que la cape (la feuille supérieure du cigare) ne se décolle pas, ou qu’elle n’est pas fendue.

Tâter un cigare

En tâtant le cigare, tu vas pouvoir savoir si la vitole est trop sèche, ou trop humide.

Un cigare bien conservé donnera une petite résistance, mais sans plus. S’il est trop humide, il se comportera comme une éponge. S’il est trop sec, il te sera impossible d’appuyer dessus.

Il n’y a pas de problème majeur avec les cigares (un peu) trop secs ou trop humides, mais ils ne sont pas bons à consommer de suite !

Bon, maintenant que tu sais reconnaître un cigare individuellement, passons au guide pour choisir son prochain cigare.

Quand on n’y connaît rien, il peut être difficile de savoir quoi fumer : il y a beaucoup de marques, beaucoup de formes, beaucoup de couleurs, etc.

Je vais donc te donner toutes les infos pour que tu t’y retrouves, et on commence avec le module.

Choisir le bon module de cigare

Le module est le format du cigare : son diamètre (épaisseur), sa longueur et sa forme.

Tous les cigares qui ne sont pas « droits » (parejos) sont appelés des figurados.

La longueur du cigare est le plus souvent donnée en pouces ou en centimètres/millimètres. Rappelle-toi qu’un pouce (inch, en anglais) mesure 2,54 centimètres. Un module de 5″ mesurera donc 12,7 cm.

Voici une image de CigarAficionado qui recense les principaux modules, pour te faire une idée :

Le diamètre du cigare, ou cepo (ring gauge en anglais), se mesure en 64èmes de pouce. Un cigare avec un cepo de 50 fait donc 50/64 pouce, soit 2,11 cm de diamètre.

Les relations entre module et goût

Lorsqu’on débute, on pense souvent à tort que les cigares plus gros sont plus forts.

C’est en fait plutôt le contraire. Les cigares les plus gros sont roulés « moins serrés », et la fumée passe plus facilement au travers du tabac. Au contraire, les petits cigares ont tendance à être roulés serrés, et sont donc … plus forts.

Attention : ce n’est qu’une indication générale, et il existe beaucoup (mais alors, beaucoup) de contre-exemples.

Comment choisir son module ?

Si tu débutes et que tu as fumé moins d’une dizaine de cigares, je te conseillerais de rester sur des « petits » modules : le corona ou le petit robusto me paraissent idéaux. Un robusto, quand on débute, c’est tout de même au moins une heure de fumage, donc il faut être accroché.

Voici les temps approximatifs de fumage pour quelques modules répandus.

ModuleDurée
Petit Corona30 – 45 mins
Corona45 mins
Petit Robusto45 min – 1h
Robusto1h-1h30
Toro1h30

Encore une fois, ces temps ne sont qu’indicatifs, et dépendent de beaucoup de choses, mais ils peuvent aussi servir à orienter ton choix.

Si tu commences à bien connaître les cigares, il faut varier les modules pour trouver le format qui te plaît le mieux.

Moi, par exemple, j’apprécie beaucoup les cigares plus épais : je les trouve plus agréables à fumer. Je fume souvent des robustos, et j’apprécie les robustos un peu épais (avec un cepo de 60, par exemple).

Au contraire, certains préfèrent des cigares moins épais – chacun son choix, et il y en a pour tous les goûts !

Une chose toutefois : plus le cigare est fin, plus il se consume vite (en règle générale).

La couleur du cigare

Je préfère parler de suite de la couleur des cigares.

Comme tu peux le voir sur l’image ci-dessus, il existe des noms particuliers pour les couleurs des cigares, qui vont de double claro (jaune, parfois vert) à oscuro (couleur chocolat noir).

Alors pour que tu sois fixé tout de suite : la plupart du temps, il n’y a pas de relation entre la couleur du cigare et sa puissance (taux de nicotine).

La feuille de cape est choisie pour ses propriétés esthétiques et gustatives, mais pas du tout pour indiquer la puissance relative du cigare. N’aie donc pas peur de fumer un cigare maduro s’il te fait envie.

Si tu fais attention, tu verras que même sur la même série, il y a des variations de couleur. Le cigare est un produit naturel et artisanal 😉

Choisir un cigare pour son palais

Maintenant que tu sais tout des modules, et que tu es à même de faire la relation entre module et temps de fumage, abordons la questions du goût.

[su_box title= »Remarque » box_color= »#dcd0c0″ title_color= »#373737″]

Il est aussi étrange de dire « je n’aime pas le cigare » que de dire « je n’aime pas la bière » ou « je n’aime pas le vin ».

Je ne dis pas que c’est impossible de ne pas aimer le cigare, la bière ou le vin, loin de là, mais que c’est très (trop ?) réducteur.

Il y a beaucoup de types de cigares différents, certains meilleurs que d’autres assurément, mais surtout certains plus à TON goût que d’autres.

La quête devient alors simple : il faut trouver quel est ton goût !

[/su_box]

Il y a plusieurs composantes dans le goût du cigare :

  • La puissance (quantité de nicotine)
  • Le goût du tabac (tous les tabacs n’ont pas le même goût)
  • Les arômes (les notes qui s’ajoutent au goût du tabac).

Il faut bien comprendre que ces 3 composantes sont connectées, mais bien distinctes.

Certains cigares sont légers (peu de nicotine) mais très complexes (beaucoup d’arômes). Un bon exemple est le Robusto de Flor de Selva, un puro du Honduras.

D’autres cigares sont forts voire très forts mais peu complexes (il y a donc moins à rechercher et déguster).

Pour chaque cigare, et pour ton propre palais, il y a donc un curseur entre puissance, tabac et arômes. Il faut donc que tu essaies jusqu’à trouver ce que tu aimes !

Moi, par exemple, je préfère les cigares corsés, et je déteste les arômes végétaux. Par contre, les cigares aux notes sucrées ou torréfiées me ravissent. Pour toi, c’est peut-être tout à fait le contraire !

Comment choisir la puissance de son cigare ?

Commençons-donc par le plus évident : la puissance du cigare (quantité de nicotine).

J’insiste encore une fois : il faut trouver ce que tu aimes, alors on va passer par ce que tu connais (probablement) déjà : l’alcool.

Le test est très très très simple, et tu vas pouvoir trouver la puissance qui te convient en quelques secondes. Il suffit de te poser cette question :

Quel alcool préfères-tu ? Bière, vin, ou whisky ?

[su_note note_color= »#c0b282″ text_color= »#fff »]
  1. Tu préfères la bière -> Cigare doux ou moyennement fort
  2. Tu préfères le vin -> Cigare moyennement fort
  3. Tu préfères le whisky et les spiritueux (cognac, rhum) -> Cigare fort
[/su_note]

Il ne s’agit pas forcément de ton alcool préféré, mais plutôt de savoir où tu t’arrêtes : la plupart du temps, si une personne n’aime pas les alcools forts, elle n’appréciera pas les cigares forts.

Bien sûr, il y a un curseur entre l’Heineken et l’IPA, et entre le Côteaux du Layon et le gros Chinon qui tâche, mais c’est pour se faire une idée, tu t’souviens ?

L’idée selon laquelle il ne faudrait pas proposer de cigares forts aux débutants me paraît aberrante ! Il vaut mieux se concentrer sur ce que les gens aiment déjà que de savoir s’ils ont déjà fumé, à mon avis.

Alors là tu te dis :

« Dis donc Vince t’es sympa, mais comment je fais pour savoir s’il est doux ou fort mon cigare vu que tu m’as dit que je pouvais pas me fier à la couleur ? C’est un vrai casse-tête ton histoire ! ».

Eh ben, ouais, j’ai jamais dit que c’était simple, mais je suis là pour t’aider, et je ne suis pas le seul. Derrière le comptoir où tu achètes tes cigares, il y a un type : le caviste. Et ce gars-là, généralement, il est vachement fortiche en cigares.

N’hésite pas à demander conseil à ton caviste en lui disant ce que tu préfères comme arômes (niveau nourriture & alcool) et ce que tu as déjà fumé et aimé. Comme ça, il sera à même de te présenter de nouvelles choses !

Et il y a aussi une question de terroirs et de marques, et c’est ce dont on va parler maintenant (mode transition level Jean-Pierre Pernault).

Les terroirs du cigare

Tu le sais bien, les cigares ça vient pas trop de chez nous, c’est plutôt fait en Amérique Latine.

Au départ, c’était Cuba les plus fortiches, mais avec l’embargo de 1962 ils en ont pris plein le fi** ont subi un sacré coup dur.

La plupart des marques ont donc décidé de produire leur tabac et leurs cigares ailleurs, principalement à 3 endroits :

  • Nicaragua
  • Honduras
  • République Dominicaine.

Et t’es un petit veinard, parce qu’en connaissant le pays d’origine du cigare, tu peux avoir quelques indications sur la puissance du cigare. Pour Cuba, je vais carrément faire une section à part, parce que c’est un petit peu plus compliqué.

République Dominicaine

La république dominicaine, c’est là !

La République Dominicaine est le 2° producteur mondial de cigares après Cuba : 170 millions de cigares par an !

Les tabacs dominicains sont souvent assez légers, donc si tu vois du tabac dominicain (notamment les feuilles de tripe), c’est que le cigare ne sera pas trop fort.

Nicaragua

Le Nicaragua est un de mes terroirs préférés, mais certainement parce que c’est ce que j’ai le plus fumé avec les cubains. Il s’agit d’un terroir très riche qui produit de très bonnes vitoles.

Les cigares du Nicaragua sont plutôt du côté fort, et les tabacs sont souvent assez poivrés. On trouve beaucoup de puros du Nicaragua.

Si tu vois du Nicaragua, attends-toi à un cigare moyen à fort.

Honduras

Enfin, parlons un peu du Honduras.

Le tabac du Honduras est un peu comme celui du Nicaragua : assez corsé et épicé.

De mon expérience, je dirais quand même que c’est un tabac moins fort que celui du Nicaragua. Le terroir produit de très bon cigares, notamment la marque Flor de Selva, à conseiller !

Et voilà le Honduras et le Nicaragua 🙂

Autres terroirs

Attention, ce n’est pas fini là !

Il existe beaucoup d’autres terroirs, mais j’ai surtout voulu insister sur ce qu’on trouve dans nos civettes.

Voici un petit tableau récapitulatif du goût des cigares par terroir, avec quelques marques à conseiller ! Je n’y inclus pas Cuba : c’est la section qui suit !

TerroirPuissanceUsageMarques à découvrir
Rép. DominicaineDoux – MoyenToutes feuillesGurkha – A. Fuente
NicaraguaMoyen – FortToutes feuillesCumpay – CAO
HondurasMoyen – FortToutes feuillesFlor de Selva
ÉquateurCape
MexiqueSous-cape – Tripe
CamerounFortTripe
États-UnisDoux – MoyenToutes feuilles –

Bien choisir un cigare cubain

Bon, alors là, on rentre dans le vif du sujet.

Les cigares cubains sont considérés par beaucoup comme le nec plus ultra du cigare. Ça ne veut pas dire qu’il sont intrinsèquement meilleurs que les autres, mais simplement que c’est le terroir le plus riche.

Il y a de tout, du bon et du moins bon, du fort et du moins fort. Je te propose de démêler ça ensemble, du haut de mes modestes connaissances !

[su_note note_color= »#dcd0c0″ text_color= »#fff »]

Note aux experts : je ne prétends pas tout savoir sur le cubain, très loin de là. Il se peut que je sois un peu imprécis ou inexact – je ne cherche pas à faire un guide parfait du cigare cubain, juste à guider les voyageurs égarés.

Je serais très heureux d’entendre vos opinions en commentaires !

[/su_note]

Cuba est un terroir d’exception, mais c’est aussi une opportunité pour les fabricants : tu t’en doutes, certaines marques n’hésitent pas à profiter du prestige du terroir pour vendre des cigares de qualité discutable. Il ne faut donc pas non plus y aller les yeux fermés juste parce que c’est marqué Cuba dessus !

Le Havanoscope

La couverture du Havanoscope 2018

Tous les ans, le magazine L’Amateur de cigare publie son Havanoscope, un classement des marques et des vitoles cubaines.

Les résultats sont obtenus après dégustation par un panel d’experts, et font un peu référence dans le milieu. J’en tire certaines de mes infos.

Le magazine est toujours tiré en quantités limitées (il coûte entre 15 et 20€ en version papier), mais il est consultable en ligne si tu prends un abonnement.

Ils commencent à 29€ par an pour l’accès au magazine numérique + le Havanoscope et le Cigaroscope (même chose, mais pour les cigares non cubains) + la base de reviews accessible en continu. Ça vaut le coup !

La puissances des cigares cubains

Les cigares cubains se trouvent facilement en France, même s’il n’est pas toujours facile d’accéder à toutes les marques.

Le Havansocope propose un tableau récapitulatif des marques en fonction de leur puissance, que je me permets de recopier ici :

DouxMoyen à douxMoyenMoyen à fortFort
Hoyo de MonterreyH. UpmannCohiba (Linea 1492)Cohiba (Maduro 5)Cohiba (Behike)
FonsecaQuinteroRomeo y JulietaCohibaPartagas
Quai d’OrsaySan Cristobal de la HabanaTrinidadMontecristoBolivar
Rafael GonzalezEl Rey del MundoPunchVegas RobainaVegueros
Sancho PanzaCuabaSaint Luis Rey
La Gloria CubanaJosé L. Piedra
Flor de CanoJuan Lopez
Diplomaticos

Il ne faut pas non plus être sectaire au point de ne pas vouloir tester une marque parce qu’elle n’est pas dans la catégorie qui te plaît le mieux, mais ça donne une idée de ce qui se passe et ça permet d’éclaircir le paysage.

Je précise aussi que toutes ces marques proposent beaucoup de cigares, plus ou moins forts : un Partagas n’est donc pas à tous les coups moins fort qu’un Montecristo – ce n’est que pour se faire une idée !

Cubain : qualité ou pas ?

Là, tu te dis :

« Ok, j’y vois un peu plus clair, mais ça me dit pas si c’est de la merde le meilleur rapport qualité-prix ou pas, ton tableau ! »

Eh oui, c’est la raison pour laquelle l’importateur de cigares cubains, Habanos S.A., a aussi classé les marques en fonction de leur qualité (j’ai encore chourré ça au Havanoscope, ouais).

Voilà le tableau en question :

BasMoyen basMoyenMoyen hautHaut
Flor de CanoDiplomaticosJuan LopezRomeo y JulietaCohiba
José L. PiedraSaint Luis ReyRamon AllonesPartagasTrinidad
Por LarrañagaLa Gloria CubanaHoyo de MonterreyMontecristo
Rafael GonzalezSancho PanzaPunchVegas Robaina
VeguerosEl Rey del MundoSan CristobalCuaba
QuinteroBolivar
FonsecaH. Upmann
Quai d’Orsay

Attention encore une fois : ça ne veut pas dire que tous les Montecristo sont meilleurs que tous les Partagas ! Il faut prendre tout ça avec un grain de sel, et si les cigares que tu préfères viennent de chez Quai d’Orsay, qu’à cela ne tienne !

On s’en fout tant que tu aimes ça !

Le prix des cigares cubains

Bon, le cigare est assez cher, et c’est vrai que les cigares cubains font partie des plus chers.

En fait, le dernier tableau que je t’ai fait voir est surtout utilisé par l’importateur pour dicter sa logique de prix – si tu y rajoutes les taxes … les cubains peuvent être très chers.

Par exemple, le robusto de chez Cohiba coûte environ 20€ – une somme rondelette quand on trouve d’excellent robustos nicaraguayens à moins de 10€. Et rien ne dit que tu leur préfèreras le Cohiba !

N’achète pas un cigare plus cher juste parce qu’il est plus cher – ce serait se fourrer le doigt dans l’oeil que de penser que prix = qualité au cas par cas.

Une fois que je suis à la civette, je fais quoi ?

Tu avoueras que je t’ai quand même donné pas mal d’armes pour apprendre à choisir tes cigares, mais ça reste quand même un peu abstrait.

En fait, personne ne peut dire à ta place ce que tu aimes, et le plus simple est d’expérimenter.

Plutôt que de réfléchir par marques, je préfère réfléchir par module, puis par terroir : la marque n’est pas forcément synonyme de qualité !

Je te propose donc une liste à suivre lorsque tu te trouves chez ton caviste.

Et je ne le répéterai jamais assez : n’aie pas peur de demander de l’aide. Tu peux m’envoyer un mail, mais le plus simple est quand même de demander à ton caviste. Même si les questions te paraissent stupides, il faut les poser. Tout le monde a débuté un jour et il faut bien commencer quelque part !

Checklist pour choisir son prochain cigare

1 – Choisis une vitole renommée

Il y a des vitoles qui font l’unanimité, ou presque. Des noms que tout amateur se doit de connaître, et d’avoir fumé.

Je te propose 5 cigares connus et très bien notés qu’il faut découvrir si tu ne l’as pas fait. J’ai mis un nicaraguayen (le CAO Pilon) pour la forme mais ce sont surtout des cubains.

MarqueVitoleModulePrix (post 03/2018)
PartagasSerie D N°4 (D4)Robusto~15€
MontecristoPetit EdmundoPetit Robusto~13€
MontecristoN°4Corona~11€
CAOPílonRobusto~10€
CohibaRobustosRobusto~20€

2 – Change de terroir

Ensuite, tu peux essayer un terroir que tu ne connais pas, ou un mélange inconnu.

Voici la liste des terroirs que tu dois avoir goûtés, sans ordre de priorité :

  • Cuba
  • Nicaragua
  • Honduras
  • République Dominicaine

3 – Change de marque (Marque inconnue d’un terroir que tu connais)

Une fois que tu as testé les terroirs, je te conseille d’explorer les différentes marques d’un terroir que tu connais déjà.

Tu pourras ainsi essayer de repérer des similitudes, ou au contraire des différences entre les marques.

Voici un tableau de quelques marques à tester par terroir :

CubaHondurasNicaraguaRép. Dominicaine
PartagasFlor de SelvaCumpayGurkha
MontecristoFlor de CopanHoracioArturo Fuentes
CohibaCAOLa Flor Dominicana
Quai d’Orsay

4 – Change de vitole (Vitole inconnue d’une marque que tu connais)

Si tu as déjà testé les cigares « référence » et les terroirs les plus communs, je te conseille de te diriger vers des vitoles que tu ne connais pas au sein de marques que tu connais déjà.

Par exemple, si tu as déjà essayé le Robusto de Flor de Selva, pourquoi ne pas te diriger vers le Double Corona, tout aussi bien noté ?

montecristo-open-master

J’aime beaucoup Montecristo, et j’ai adoré l’Open Eagle, mais j’ai du mal avec l’Open Master 🙂

Pour faire ton choix, tu peux t’aider des reviews que tu trouveras sur le net (ici ou ailleurs), ou bien du Havanoscope et du Cigaroscope, si tu as un abonnement.

5 – Change de module

Une fois que tu as fait tout ça (normalement tu seras déjà bien expérimenté.e), tu peux expérimenter les modules différents, et notamment aller vers les figurados (les cigares qui ne sont pas droits).

Par exemple, pourquoi ne pas tester un perfecto bien dodu, ou un pyramide, voire même un culebras avec 2 ami.e.s ?

Le goût ne va pas changer, mais cela peut altérer l’expérience !

Conclusion

J’ai essayé de te faire un tour d’horizon le plus complet possible des cigares, et de te donner le plus de billes possible pour que tu puisses faire ton choix.

Mais souviens-toi : la moitié du plaisir est dans l’expérimentation, à mon avis !

Le plus drôle est justement d’essayer de nouvelles choses, de fumer des marques inconnues, des cigares atypiques, des éditions limitées, et de chercher les similarités et les différences entre les différentes vitoles, les différents terroirs, etc.

Et n’oublie jamais une chose : le cigare est une expérience très subjective. Au final, ce qui compte vraiment, c’est que tu te fasses plaisir à fumer quelque chose que tu aimes : si les autres sont pas d’accord … un gros OSEF !

10 Comments

  • Rémy-Jean CACHIA dit :

    Bonjour, Je recherche un cigare Très léger avec un tirage facile (pour fin de matinée début d’après-midi) avec les critères suivants:
    Robusto, Claro,
    En fin de journée je fume habituellement (pas tous les jours) Hoyo de Monterrey Epicure N° 2 qui me convient bien
    Est ce possible d’augmenter la qualité de tirage d’un cigare car je les trouve souvent « Trop serré »

    • Vince dit :

      Bonjour Rémy-Jean,

      Tout d’abord, sur la question du tirage, je te renvoie vers mon article sur la conservation des cigares : https://www.cigare-fourmi.com/conserver-cigares/

      Généralement, un tirage difficile vient d’une humidité trop importante. Le tabac de la tripe a tendance à gonfler (surtout sur les cubains), et « bouche » le cigare s’il y a trop d’humidité.

      Les problèmes de roulage existent, mais ils sont très rares.

      Pour te conseiller sur le cigare, je précise d’abord que la couleur de la cape n’a aucune incidence sur le goût ou la puissance du cigare.

      Si tu as aimé l’épicure n°2, je te propose de regarder le n°1 : il est un peu plus gros (Corona Gorda), mais dans le même esprit. Sinon, je pense que le Trinidad Vigia (un petit Robusto), le Hoyo de Monterrey Petit Robusto ou, sur un autre registre, le Sans Cristobal de la Habana La Fuerza pourraient te convenir.

      Dernière référence, le Partagas D4 si tu ne l’as pas goûté (un peu plus fort), ou bien le Quai d’Orsay n° 50 !

  • Rom dit :

    Bonjour !

    Et merci pour ce partage de connaissance autour de ce sujet vraiment fascinant! J’ai eu l’occasion de découvrir ça il y a quelques temps sans m’y intéresser, et puis un petit passage à Cuba m’a donné envie de connaitre un peu plus et de découvrir ce monde, ses saveurs et ses initiations.
    Une question tourne cependant en boucle dans ma tête à chaque fois que je me pointe pour acheter une nouvelle vitole, et malgré mes lectures et mes recherches je n’ai rien trouvé dessus…

    Pas de teasing de prévu, voici la question : comment donc est imaginé un cigare par son créateur ?

    Oui il est écrit partout « hecho a mano », « fait avec les meilleurs tabacs de la Vuelta Abaja », la cape « d’un bel éclat maduro » est de telle origine etc. On trouve ainsi beaucoup d’informations sur comment est préparé le tabac, comment il est roulé et mis en boite et comment le fumer ou le conserver.
    Mais en remontant le temps, en essayant de comprendre comment est faite cette délicieuse vitole que je me prépare à allumer, j’ai toujours ces interrogations dont découle LA question ci-dessus : qu’a imaginé offrir celui qui a décidé de lier ensemble et jusqu’à la cendre ces feuilles séchées ? Et comment a-t-il imaginé offrir ça ? Qu’est ce qui l’a amené à choisir telles feuilles de tel producteur ? Pourquoi est-ce qu’il choisit tel module et telle forme ? Est-ce qu’il est capable de savoir quel(s) goût(s), arômes, ou sensations il est capable d’offrir ? Qu’est ce qui fait que telle marque présente ces arômes dominants qui font sa caractéristique et pas une autre pourtant approvisionnée aux mêmes endroits ?

    Voilà le fond de mes interrogations (avec plein d’autres questions du même ordre hein :D), qui, au final, renvoi à une étape simple (mais moins poétique à mon sens) de la fabrication : comment cela fonctionne la R&D du cigare ?

    Je serai heureux d’avoir des explications ! Merci !!

    • Vince dit :

      Salut Rom,

      La question que tu poses est très importante, mais aussi difficile, car les réponses sont un peu secrètes.

      Ce qu’il te manque, c’est qu’il existe quelqu’un dont c’est le travail de faire des blends : le master blender, ou jefe de ligada à Cuba.

      La ligada, ou le blend, désigne l’assemblage du tabac dans un cigare.

      Le tabac prend son goût et ses arômes du sol sur lequel il est cultivé : différentes caractéristiques du sol et différentes conditions météorologiques donnent donc différents types de tabac. Puis intervient l’étape de séchage et ensuite la fermentation, qui vont aussi jouer sur le goût.

      A partir de ça, le master blender élabore un blend avec un nombre de feuilles de seco, volado et ligero (qui correspondent aux étages foliaires du plant), et fait des tests encore et encore pour obtenir le bon blend.

      Comme le tabac vieillit, on peut compenser des différences de récoltes grâce au tabac des années précédentes par exemple, afin de garder une certaine cohérence d’année en année.

      Pour ce qui est de la question des marques, à Cuba, chaque marque a un profil de saveur et de puissance, que Tabacuba et Habanos S.A. font tout pour respecter, justement en choisissant avec soin les tabacs qui formeront les cigares.

      C’est d’ailleurs aussi pour ça que certaines séries de cigares (je pense notamment aux Behike de Cohiba) sont très difficiles à trouver. Les Behike utilisent un type de feuille particulier (le medio tiempo), qui est très rare.

      Je m’arrête là pour cette brève réponse, qui t’aura aidé j’espère. J’ai un article assez complet sur la fabrication des cigares que je dois finaliser, qui t’apportera bien d’autres réponses 🙂

      • Rom dit :

        Merci beaucoup pour ta réponse ! Effectivement, je ne connaissais pas ce personnage (un maître de chai en quelque sorte?) qui éclaire beaucoup ce petit mystère de la création ! Le parallèle avec le monde des vins et spiritueux est quand même vraiment étonnant ! Je ne sais pas s’il existe de la lecture autour de cette étape là de conception ?

        J’avais une autre question (mais qui peut sans doute faire l’objet d’un sujet de thèse à part entière) au niveau des formats de cigare : Comment la forme impacte le gout ? En fait, quelles sont les attentes (ou à quoi peut-on s’attendre) qui font qu’on va sélectionner un figurado et même tel type de figurado (pyramide, obus, etc.) ? Je ne parle pas de la taille de la vitole qui me semble elle plus dictée par des impératifs de temps du fumage/puissance/diversité des arômes (s’il y a autre chose à comprendre sur cette partie je suis preneur 😀 ) mais bien du choix de faire un figurado ou un perfecto.

        Merci encore !

        • Vince dit :

          Salut Rom,

          Oui, c’est très similaire de ce qui se passe avec les spiritueux ou le vin !

          Pour plus de lecture sur le sujet, tu peux aller voir le site d’Habanos :

          http://www.habanos.com/fr/el-mundo-del-habano/

          Pour ta deuxième question, je ne peux pas te répondre de manière complète. Quelques éléments quand même 🙂

          Il y a d’abord une question marketing. Par exemple, la mode est de plus en plus aux formats épais et courts, donc les marques s’adaptent. On fume de moins en moins de cigares longs et fins. Il faut aussi une certaine diversité dans le catalogue.

          Enfin, la combustion et la façon dont la fumée passe dans le cigares sont différentes en fonction des modules, peut-être que ça joue aussi 🙂

  • Julien M Trts dit :

    Salut ton article est génial, c’est très compliqué de faire simple et de rendre abordable un univers aussi complexe.. bravo !! je suis tombé amoureux des cigares lors d’un voyage à Cuba avec un premier « roulé sous les aisselles » trempé dans du miel et c’était un moment magique ! Le deuxième un H.Upmann Magnum 50 un régal !! maintenant je vais suivre tes recommendations pour essayer autre chose 🙂

  • Clément Morenne dit :

    Merci a toi!!
    Pour commencer l’expérience, rien de mieux qu’une bonne explication sur les termes, les marques, et toutes les différences que peut apporter le cigare, un grand merci a toi pour tes connaissances!

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