Cumpay Volcan : fumer un cigare déchiré7 min de lecture

Cumpay Volcan

8€60
Cumpay Volcan
7.4

Tirage

7.0 /10

Arômes

8.0 /10

Construction

7.0 /10

Expérience Globale

7.5 /10

Avantages

  • Très beau cigare, imposant
  • Très présent dès le début
  • Agréable à fumer
  • Vigoureux

Inconvénients

  • Tirage un peu difficile
  • Parfois un peu trop présent
Récapitulatif

Le Cumpay Volcan est un très bon cigare, beau et imposant, qui séduira les amateurs de cigare épais.

La palette aromatique (tabac, poivre, pain d’épices, brioche) est malheureusement desservie par une construction en demi-teinte et un tirage difficile.

Cette vitole, au prix restreint (~10€), séduira les amateurs de cigares corsés qui en ont sous le capot !

Ça faisait quelques temps que je voulais goûter ce Cumpay Volcán, car je suis un grand fan du Cumpay Volcán Maduro, bien plus beau et impressionnant. Mais voilà, ma vitole était légèrement déchirée.

Heureusement, il ne s’agit pas d’une déchirure au pied ou à la tête du cigare, mais au milieu – il est un peu éventré :

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Elle est pas belle la grue ?

Je vais donc faire d’une pierre deux coups : tester ce Cumpay Volcan et te parler des différentes solutions pour fumer un cigare déchiré.

On le voit un peu sur la photo ci-dessus : avant de l’allumer, le cigare n’est qu’un peu déchiré. Regardons donc ensemble ce que vaut ce puro du Nicaragua !

Module Robusto
Longueur 5 pouces
Diamètre 60
Cape Nicaragua
Sous-cape Nicaragua (Estelí – Jalapa)
Tripe Nicaragua (Ometepe – Jalapa)
Couleur Colorado

Comment fumer un cigare déchiré ?

Il faut le dire, trouver une vitole déchirée dans son humidor ne fait pas plaisir, surtout si, comme moi, tu portes une attention importante à la conservation de tes cigares.

Au vu de la déchirure, qui n’était pas sur une nervure de la cape et qui se trouvait au milieu du cigare, il est difficile d’en définir l’origine : peut-être un défaut de conception, peut-être une conservation un peu sèche chez le caviste, etc.

C’est le seul de mes cigares qui présentait ce petit défaut, donc j’aurais tendance à écarter un problème de mon côté, mais on ne sait jamais !

Quoi qu’il en soit, j’étais déterminé à ne pas laisser échapper cette vitole.

Première étape : un rafistolage

Alors ni une ni deux, je fais comme toi, je file sur internet !

Il faut avouer que le contenu disponible en français est assez mince, mais je n’ai pas de problème avec l’anglais, alors je me dirige vers les sites de nos chers amis américains.

Les solutions sont nombreuses pour rafistoler une vitole, d’autant que la déchirure est bien située : j’empoigne donc une bouteille de miel (oui, bouteille, parce qu’il me vient du père de ma compagne – artisanal donc), et j’entreprends d’en étaler un peu pour tenter de « recoller » la cape. Le résultat est … meh …

Deuxième étape : faire comme si de rien n’était

Mais bon, je ne me débine pas. Qu’à cela ne tienne, que je me dis, what’s the worst that could happen?

Le principal problème d’une déchirure comme celle-là, c’est que la fumée s’échappera par l’interstice, affectant ainsi négativement le tirage, et peut-être même les arômes.

Mais enfin, on est fin mars, il fait environ 5°C dehors, et je veux profiter du rayon de soleil sur mon balcon coûte que coûte.

C’est parti pour l’allumage !

Le Cumpay Volcan : un puro du Nicaragua très présent

Voilà quelques temps que j’avais des vues sur ce Cumpay Volcan, puisque je l’avais vu chez un des cavistes où j’ai l’habitude de me rendre. Il trônait juste à côté de son cousin, le Cumpay Volcan Maduro, dont nous aurons l’occasion de reparler.

J’aime beaucoup le Volcan Maduro, et il me tardait donc de goûter la version « traditionnelle », d’autant que mon caviste la vend en boîte de 5, et que ladite boîte n’est autre qu’un cendrier pour 4 cigares en bois. Autant dire que j’avais bien des raisons de m’y frotter.

Il s’agit d’un Robusto un peu imposant, puisqu’il offre un cepo de 60, pour 5 pouces, soit 12,7 cm. Le format Robusto « traditionnel » étant de 52×4,8. Si on ajoute à son allure imposante les 2 bagues, dont l’une arbore un élégant volcan, on a un cigare … tout en puissance !

À cru : du tabac, et encore du tabac

Pour te donner le tableau, me voilà donc installé sur mon salon de jardin flambant neuf (eh oui, promo Brico Dépôt), le soleil dans la face et le cigare (coupé, bien entendu) à la bouche.

À cru, la présence se fait déjà sentir, et le goût de tabac est imposant, mais très agréable. Il m’est difficile de distinguer clairement se qui se cache derrière tant ce goût est présent, mais je décèle quelque chose de légèrement sucré, qui ressemble à un gâteau en train de cuire.

Ou, de façon plus triviale, à l’intérieur d’un bureau de tabac, où se mélangent les odeurs de bonbons, de tabac, d’alcool et … de pari sportif ? ‘Fin bon, il paraît que tout ça c’est subjectif !

Premier tiers : de la puissance dès l’ouverture

À l’allumage, ce Cumpay Volcan dégage une odeur de grillé très agréable, et la fumée est très douce : on peut la respirer sans se défoncer les narines, ce qui présage du bon à la rétro-olfaction, pour plus tard.

Dès les premières bouffées, le tabac délivre toute sa puissance dans un bouquet relativement rafraîchissant. C’est peut-être le froid sur mes joues et le soleil sur ma peau, mais j’ai le sentiment que la puissance du tabac est à la fois très présente et pourtant très supportable.

Pas question ici d’avoir la nausée dès les premières bouffées, ou de sentir qu’on n’en finira pas – au contraire, cette ouverture « explosive » promet beaucoup pour la suite !

Parlons tout de même du fil rouge de cet article : la déchirure sur la cape n’a posé aucun problème à l’allumage, puisqu’elle commençait environ à 1 cm du pied.

Comme je l’envisageais, les choses empirent avec la chaleur et la fumée, qui ont tendance à faire « éclater » la cape à l’endroit de la déchirure. Rien de bien méchant, mais le tirage en est rendu plus difficile une fois qu’on arrive à l’endroit fatidique.

Niveau arômes et saveurs, ce premier tiers conserve la forte impression de tabac plutôt doux (pas amer, quoi), avec quelques notes sucrées qui viennent agrémenter la forte saveur de terre sèche.

La cendre et belle et blanche et la fumée très rassasiante. Le profil du cigare, très corsé mais complexe, est conservé à la rétro-olfaction, qui n’apportera rien d’autre que des touches sucrées.

Bien entendu, la fin du premier tiers est plus difficile à tirer. C’est un défaut que je connais du Volcan Maduro, mais dont je ne peux pas juger étant donné l’état un peu endommagé de ma vitole.

Deuxième tiers : persiste et signe

J’aborde le deuxième tiers avec un peu d’appréhension, puisque je sais que je vais devoir me satisfaire du nécessaire d’un tirage difficile.

Le profil évolue peu, même si les notes sucrées de pain d’épices et de brioche sont rejointes par ce que je perçois comme du papier brûlé, qui se transformera peu à peu en amande amère, qui m’accompagnera jusqu’à la fin du cigare.

Je pense à l’accompagner d’un rhum Clément 10 ans qui fait son effet et se marie très bien – les notes de bois précieux et de vanille complémentent bien le côté sucré du Cumpay Volcan.

À la fin du deuxième tiers, je perçois quelques notes de poivre blanc accompagnées d’arômes de cacao qui sont pourtant bien fugaces, à mon grand désarroi.

Le tirage reste difficile, et l’état de la vitole rend la combustion imparfaite, ce que je ne peux pas imputer au mélange lui-même, ni à la construction – après tout, c’est bien moi qui ait choisi de le fumer !

Je ne peux malheureusement pas te proposer de photos puisque la batterie de mon téléphone a choisi l’heureux moment pour décéder, la coquine.

Une fois passé le point de déchirure, le tirage s’améliore, et j’aurai donc pu fumer sans aucun souci ce cigare déchiré ! Je pense tout de même que les dégâts l’auront empêché de délivrer toute sa saveur dans ce deuxième tiers.

Troisième tiers : un final rassasiant

cumpay-volcan-boite
Je n’ai malheureusement pas trouvé de photo de la boîte cendrier offerte par mon caviste ! Source : Maya Selva

J’aborde le troisième tiers en rentrant à la maison, car le soleil se couche et qu’il faut dire que ça caille sévère. Mes mains me remercient, mais pas l’odeur de la maison. Il faut bien ce qu’il faut.

Le troisième tiers diminue un peu en puissance mais conserve ce profil très équilibré, les saveurs d’amande toujours présentes au côté du tabac, du poivre – le pain d’épices est moins perceptible.

J’arrête en laissant environ 3 cm de cigare car il commence à chauffer et piquer, ce qui n’est pas trop à mon goût, même si un petit dégazage en rentrant à l’intérieur aura permis de rétablir le profil.

Conclusion

Il n’y a pas à dire : le Cumpay Volcan est très rassasiant. C’est un cigare corsé et très présent, même s’il perd un peu en puissance à la fin. J’ai dû le payer environ 8-10€, ce qui vaut clairement le coup car il propose une palette aromatique complexe, un tirage correct, et une présence imposante.

Son format imposant peut le rendre un peu long à fumer, surtout en hiver, puisqu’il m’a fallu près d’1h30 pour en venir à bout, mais il vaut clairement le coup après manger, accompagné d’un rhum, d’un cognac ou d’un armagnac !

Mais dis Jamie, moi c’est pas au milieu qu’il est déchiré mon cigare !

Ah ben oui Fred, c’est sûr qu’on en a pas parlé.

Le cigare déchiré au pied

Si c’est au pied que le cigare est déchiré, tout dépend de la gravité de la situation.

Tout d’abord, on peut essayer de recoller la cape. Après tout, si ça tient le temps de fumer le premier centimètre du cigare, on a gagné. Pour cela, plusieurs solutions – je n’en  ai testé aucune (si ce n’est le miel), alors crois-le comme tu pourrais croire une citation d’Albert Einstein trouvée sur internet :

  • La salive : ouais, tu t’en doutes, ça fonctionne pas super. Ça va bien si la cape ne fait que commencer à se décoller, mais si c’est plus sérieux, pas la peine de commencer à baver sur ta vitole
  • Le miel : le miel, ça colle bien, alors si la salive ne marche pas, tu peux essayer. Il n’ajoutera que très peu de saveurs à la combustion, et mieux vaut passer quelques tirages désagréables que de perdre un cigare !
  • La gomme arabique : la gomme arabique apparaît comme la solution de choix, puisque c’est avec elle que les fabricants collent les bouchons. Cela dit, elle ne se trouve pas dans tous les placards …

Si la cape se détache carrément, et que tu peux identifier un endroit qui ne connaît plus le problème, il est possible d’utiliser la méthode forte. Saisis-toi de ton meilleur coupe-cigare avec entrain (c’est très important), et coupe.

Oui, le cigare sera plus court, non, tu n’auras pas l’expérience prévue au départ, mais tu pourras quand même en profiter !

Le cigare déchiré à la tête

Si c’est à la tête que ta vitole connaît des dommages, c’est plus problématique. Si la tête est percée, cela signifie que l’air a pu circuler dans le cigare, ce qui n’augure rien de bon quand à la conservation, et donc au goût final.

Il se peut aussi que tu aies mal coupé ton cigare, et que la cape commence à se décoller au niveau de la tête. Dans ce cas, la salive suffit la plupart du temps à régler le problème. Si ce n’est pas le cas, essaie de piocher dans la liste au dessus.