Tout amateur qui veut s’intéresser de plus près au cigare sait que la première particularité des vitoles est d’être un produit artisanal.

Artisanal, c’est un mot qu’on entend de plus en plus comme un argument marketing.

C’est aussi un argument marketing pour le cigare, mais il reste une grande part de vérité.

La fabrication des cigares est un processus très long, qui fait intervenir un très grand nombre de personnes.

Dans ce guide, je vais tenter de dire tout ce qu’il y a à savoir sur la fabrication des cigares.

Ça va être un peu long, mais j’espère que tu y trouveras une info que tu n’avais pas !

Trop long – pas lu (TL;PL)

L’article que tu t’apprêtes à lire est long. Si ce qui t’intéresse, ce sont les faits, voici un petit résumé :

  • La fabrication des cigares est un processus long
  • Il existe plusieurs « terroirs » : Cuba, Honduras, République Dominicaine, Nicaragua, Costa Rica, et on produit aussi du tabac dans d’autres pays – Cameroun, Équateur, etc.
  • Il faut environ 125 jours, depuis la germination des plants jusqu’à la fin de la récolte d’un pied de tabac.
  • Le tabac est cultivé à l’air libre (pour les feuilles de tripe & sous-cape), ou sous mousseline (pour les feuilles de cape)
  • Les feuilles sont divisées en 3 catégories au moins : volado (peu fort, pour la combustion), seco (pour les arômes), ligero (pour la puissance)
  • A partir de ces 3 feuilles, on forme un blend, ou lagada : un assemblage de tabac qui donnera ses arômes au cigare
  • Après la récolte, les feuilles sont séchées, fermentées, triées, vieillies, puis enfin roulées
  • Le roulage, qui peut se faire de plusieurs manières, commence par la confection d’une poupée (tripe + sous-cape) – on n’applique la cape qu’après
  • Ensuite, les cigares subissent bon nombre de contrôles qualité, puis sont triés et mis en boîte
  • Après la mise en boîte, ils sont congelés puis expédiés.

Localisation des cultures de tabac

Comme pour tout produit agricole, le tabac tire ses saveurs, son apparence et bien plus encore du sol dans lequel il pousse.

La première chose à faire pour comprendre les étapes de fabrication d’un cigare, c’est donc de comprendre où et comment sont cultivés les plants de tabac.

On va donc diviser en deux parties, comme souvent :

  • Cuba
  • Nouveau-monde (République dominicaine, Nicaragua, Honduras)

Les infos sur Cuba sont facilement trouvables, mais il n’en va pas de même pour le nouveau-monde. Ça me demande plus de recherches, donc je rajouterai ça plus tard 🙂

Cuba

L’île de Cuba dispose d’un sol extrêmement propice à la culture du tabac, et les cubains savent bien nous expliquer que c’est pour ça que, selon eux, ils font les meilleurs cigares.

Si cette dernière affirmation reste discutable, il est vrai que les cigares cubains sont connus pour avoir quelque chose de reconnaissable entre mille, que les autres cigares n’auraient pas.

Je laisse chacun se faire son avis.

Toujours est-il que la culture du tabac à Cuba ne se fait que dans de très petites zones sur l’île, et que toutes les feuilles ne sont pas destinées à la même utilisation.

Carte des différentes régions utilisées pour la culture du tabac à Cuba
Source : Habanos S.A.

Ces régions portent le nom de vegas de primera, pour « plantations de première qualité », et sont protégées par des AOP.

Pinar del Rio & Vuelta Abajo

Pinar del Rio est le nom de la province située à l’Ouest de Cuba.

Elle comprend plusieurs zones de production de tabac, dont la fameuse Vuleta Abajo, qui est la première source de tabac pour les havanes.

Il s’agit aussi de la seule zone où on récolte des feuilles qui serviront à toutes les utilisations : cape, sous-cape et tripe.

Habanos va même plus loin en nous informant que « toutes les feuilles de tripe et de sous-cape » pour les havanes à tripe longue proviennent de la Vuelta Abajo.

En ce qui concerne Cuba, c’est donc la zone la plus intéressante, et c’est pour ça que son nom est connu.

Au sein de la Vuelta Abajo, on trouve 2 districts :

  • San Luis, une zone réputé pour ses feuilles de capes
  • San Juan Y Martinez, réputé pour ses feuilles de tripe et de sous-cape, et qui habite notamment la plantation Hoyo de Monterrey.

L’autre zone de la Vuelta Abajo est la Semi Vuelta, où sont cultivées des feuilles qui serviront aux cigares à tripe courte, et sur lesquels je ne vais pas m’étendre ici.

On se sert aussi des terres de cette région pour produire des graines qui seront ensuite semées dans la Vuelta Abajo.

Vuelta Arriba

C’est par la Vuelta Arriba que Christophe Colomb est arrivé sur l’île de Cuba en 1492.

Le tabac y est cultivé mais n’est pas destiné à la production de havanes.

Remedios

Remedios est la plus ancienne région cultivatrice de tabac de l’île.

On y cultive des feuilles qui sont destinées à la marque José L. Piedra.

Partido

Enfin, Partido est une zone située près de La Havane et qui produit essentiellement des feuilles de cape dédiées aux cigares à tripe longue ou courte.

Sun-grown vs shade-grown

On distingue deux types de cultures pour les plants de tabac : sun-grown (ou tobaco de sol), littéralement « cultivé au soleil » et shade-grown (ou tobaco tapado), « cultivé à l’ombre ».

Sun-grown (tobaco de sol)

Culture sun-grown (tobaco de sol) – Source : Habanos S.A.

A Cuba, les feuilles issues des plans cultivés au soleil sont uniquement utilisées comme tripe et comme sous-cape.

Puisqu’elles ne sont pas protégées du soleil, elles sont plus résistantes à la chaleur, et connaissent une croissance plus importante, et sont plus épaisses avec des veines plus grosses.

C’est la raison pour laquelle on les utilise peu comme feuilles de cape : elles sont souvent moins esthétiquement.

On l’a dit, elles ne sont jamais utilisées comme feuilles de cape à Cuba, mais ce n’est pas forcément le cas dans les autres terroirs.

Shade-grown (tobaco tapado)

Tabac cultivé à l'ombre
Culture shade-grown (tobaco tapado) – Source : Habanos S.A.

Le tabac shade-grown est cultivé à l’ombre d’une fine mousseline, qui le protège des rayons du soleil.

Ces plants sont plus grands et donnent plus de feuilles.

A Cuba, les toiles sont tendues 10 à 20 jours après le début de la croissance.

Dans certains pays où la couverture nuageuse est importante (Équateur, Indonésie), on n’a pas besoin de recourir à un ombrage artificiel.

Comme on va le voir dans un instant, les feuilles ont différents noms et différentes caractéristiques en fonction de l’étage du plant sur lequel elles poussent : elles ne sont pas utilisées de la même façon.

Les différents types de feuilles

Le plant de tabac croît attaché à un tuteur, et comporte plusieurs étages foliaires.

Les feuilles les plus hautes sont plus foncées, puisqu’elles reçoivent plus de soleil ; les feuilles du bas du pied sont les plus claires.

Les nutriments reçus du sol par chaque étage foliaire sont aussi répartis différemment, ce qui influence les saveurs.

Pour faire simple (et je sais que c’est simplifié), on distingue 3 « parties » du plant de tabac, qui donneront 4 types de feuilles :

  • Medio tiempo
  • Ligero
  • Seco
  • Volado

On ne parle ici que des feuilles de tripe et de sous-cape. Pour les feuilles de cape, on ne fait pas cette distinction, mais les feuilles les plus foncées sont en haut des plants.

Source : Habanos S.A.

Medio-tiempo (Fortaleza 4)

Le medio tiempo, ou Fortaleza 4 (force 4, littéralement, parce qu’il s’agit des feuilles les plus fortes) désigne les deux étages supérieurs des plants de tabac, qui reçoivent le plus de soleil.

Ce sont des feuilles très petites et extrêmement rares, qui sont notamment utilisées dans la prestigieuse ligne Behike de Cohiba.

La rareté des feuilles explique le prix de ces cigares, mais aussi leur faible disponibilité !

Le medio tiempo demande un processus spécifique de séchage et de fermentation.

Ligero (Fortaleza 3)

Les feuilles de ligero sont les feuilles les plus hautes, qui reçoivent le plus de soleil.

Ce sont des feuilles à la combustion lente, qui sont utilisées au coeur des cigares pour leur donner de la puissance et des arômes.

Ce sont ces feuilles qui font qu’un cigare est plus ou moins fort.

Seco (Fortaleza 2)

Les feuilles de seco sont les feuilles du milieu du plant.

Il s’agit des feuilles qui donneront majoritairement ses arômes au cigare.

Volado (Fortaleza 1)

Les feuilles de volado sont les moins puissantes, et sont majoritairement utilisées pour la combustion du cigare.

Création d’une ligada

A partir des feuilles disponibles (et après le processus de traitement des feuilles dont on parlera plus bas), le master blender (jefe de ligada à Cuba) conçoit un assemblage en fonction des caractéristiques voulues du cigare : puissance, arômes, combustibilité, module, etc.

A Cuba, chaque marque dispose d’un profil de saveur très précis, que la production se doit de respecter.

Les différentes graines de tabac

differentes-graines-tabac

Au départ, le tabac poussait naturellement à Cuba (et on en cultivait aussi en France, mais c’est une histoire pour un autre article) !

Puis avec l’industrialisation de la production ainsi que les progrès de la recherche, on a cherché à mettre au point des variétés plus résistantes et plus régulières, capables de donner des plants de qualité.

En 1907, la variété de tabac Habanensis est née.

En 1941, une nouvelle variété est créée et baptisée Criollo, destinée à la production des feuilles de cape.

Enfin, à partir du Criollo, on crée une nouvelle variété, le Corojo, qui prend son nom de la plantation où on l’a testée pour la première fois.

Mais ces semences ont aussi été utilisées ailleurs qu’à Cuba : on trouve donc du tabac Criollo et Corojo dans des cigares produits ailleurs qu’à Cuba. Il existe aussi du tabac produit au Connecticut, qui s’appelle … Connecticut.

Je ferai un article sur les différentes variétés de tabac pour éclaircir tout ça 🙂 !

La fabrication des cigares commence par la culture du tabac

Après avoir parlé des différents types de feuilles et des différentes manières de cultiver, parlons un peu du processus de culture du tabac.

Ici, je vais faire assez général et ne pas différencier forcément entre Cuba et les autres terroirs, ce serait très intéressant mais aussi peu digeste.

Voici le détail du temps passé à chaque étape, selon Bespoke Unit :

  • 10 jours – Germination des plants
  • 20 jours – Transport en serre
  • 60 jours – Repiquage en terre
  • 100 jours – Début de la récolte
  • 125 jours – Fin de la récolte

Les plants et la serre

Avant d’être plantées en terre, les graines sont mises à croître sous forme de plants, comme on ferait pour nos tomates.

C’est un procédé plus efficace puisqu’on risque moins d’avoir des graines qui ne prennent pas dans le sol, et donc moins d’échecs de culture.

Ces plants sont mis à croître sous serre, où ils grandissent tous à la même vitesse, puis sont distribués aux cultivateurs en fonction des besoins de la production.

Culture du tabac en terre

Les plants sont ensuite portés en terre, soit à la main soit à la machine (surtout aux USA selon BespokeUnit).

Les champs de tabac disposent de systèmes d’irrigation plus ou moins sophistiqués qui permettent une croissance adéquate des plants.

Les plants sont ensuite bichonnés : on enlève les feuilles malades, on enlève les fleurs pour encourager la croissance, etc.

Une fois que les plants sont arrivés à maturité, ils sont prêts pour la récolte.

Récolte du tabac

récolte du tabac
On voit bien ici les perches sur lesquelles sont disposées les feuilles.

La récolte du tabac se fait en plusieurs étapes, et commence à peu près 40 jours après le repiquage.

On commence d’abord par récolter les feuilles du bas des pieds, ou mananitas, qui servent le plus souvent aux cigarillos.

3 jours plus tard, on passe à l’étage suivant, le libre de pie, et on continue à espacer les récoltes de 3 jours.

En tout et pour tout, le processus dure près d’un mois !

Cela permet aux étages restants de continuer à croître et à s’alimenter en nutriments.

Un pied de tabac fournit aux alentours de 2 kilos de feuilles utilisables.

Lors de la récolte, les feuilles sont rassemblées deux à deux et mises sur des perches, pour être transportées vers les casas del tabaco, où elles seront séchées.

Séchage des feuilles

Cette image n’illustre pas une casa cubaine, mais on voit bien les différentes couleurs du tabac.

C’est pendant l’étape de séchage que les feuilles vont progressivement prendre la couleur brune qu’on leur connaît.

Assemblées deux à deux sur les perches, avec juste assez de place entre elles pour laisser circuler l’air et empêcher la pourriture, les feuilles sont mises à sécher pendant près de 3 mois.

Durant le séchage, la chlorophylle contenue dans les feuilles est progressivement décomposée par des enzymes, ce qui fait perdre leur couleur aux feuilles.

Les conditions de séchage doivent être optimales : 27 à 32°C et 80 à 85% d’humidité relative.

Des volets et portes sont disponibles pour ajuster le climat à l’intérieur en fonction des conditions météorologiques extérieures.

A mesure que le séchage se fait et que de nouvelles feuilles arrivent, les perches sont montées en hauteur pour laisser la place aux nouvelles.

Les feuilles les plus sèches se trouvent donc en haut, et les moins sèches en bas.

Fermentation des feuilles de tabac

Une fois que les feuilles sont sèches, on passe à la fermentation, une étape indispensable pour obtenir du tabac fumable.

Si on essayait de fumer le tabac à ce stade, le goût serait certainement familier, mais très agressif et absolument pas plaisant.

Pendant près d’un mois, la fermentation va éliminer les impuretés, réduire l’acidité, les goudrons et la quantité de nicotine.

On assemble les feuilles en paquets de 10 à 15 puis on les hydrate en les plaçant dans un « sauna ».

Enfin, elles sont rassemblées en grands tas (pilónes), au sein desquels la température va monter jusqu’à 35°C, et où elles fermentent. A Cuba, ce n’est qu’après l’écotage qu’on forme les pilónes.

Ces pilónes peuvent faire jusqu’à près de 2000 kg. S’ils sont trop petits, le tabac peut pourrir. Trop gros, et il n’y aura pas assez d’humidité pour la fermentation.

Si la température monte trop dans un pilón, il faut alors le défaire et le refaire ailleurs.

Selon Bespoke Unit, il faut environ 4 personnes et 4 heures pour défaire et refaire un tas.

Le nombre de fermentations dépend des terroirs, marques et lignes de vitoles. Cohiba, par exemple, pratique une triple fermentation.

Tri et classement des feuilles

Une fois la fermentation terminée, les feuilles sont humectées, aérées puis triées.

A Cuba, c’est le moment de les trier par niveau de puissance :

  • Medio Tiempo (Fortaleza 4)
  • Ligero (Fortaleza 3)
  • Seco (Fortaleza 2)
  • Volado (Fortaleza 3)

Ensuite, les feuilles sont écotées, repassées et de nouveau assemblées.

Vieillissement du tabac

Avant d’être roulé, le tabac va encore devoir patienter très longtemps : au moins 2 ans pour les feuilles de ligero et de medio tiempo.

Pour la ligne Cohiba Maduro, le tabac a été vieilli pendant 5 ans, mais certaines marques comme Gurkha commercialisent des cigares roulés avec du tabac vieux de plus de 20 ans (Gurkha Cellar Reserve 21 Year).

Les feuilles moins fortes vieillissent plus rapidement.

Enfin, le tabac est empaqueté dans des sacs en jute qui sont étiquetés pour garder trace de la production et servir pour le roulage des cigares.

Comment sont roulés les cigares

Depuis la plantation jusqu’à arriver à la galera, la salle dans laquelle sont roulés les cigares, le tabac a été élaboré avec un objectif unique : fournir des cigares de qualité.

Les feuilles sont donc triées en tas et les feuilles qui forment la ligada ou blend, le « mélange » secret du cigare sont distribuées directement aux rouleurs en tas.

Fabrication de la poupée (tripe+ sous-cape)

La première étape du roulage est de fabriquer ce qu’on appelle la « poupée » : assemblage de la tripe et de la sous-cape.

Lors du roulage, les feuilles sont disposées à l’intérieur du cigare de manière à ce que les extrémités les moins riches en arômes soient près du pied, ce qui permet le développement de la complexité et de la puissance au cours de la dégustation.

On place toujours les feuilles de ligero (ou de medio tiempo) au milieu du cigare car leur combustion est plus lente.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on obtient souvent une combustion « en cône », idéale !

Il existe pour cela plusieurs méthodes.

Entubado

Supposément originaire de Séville au XVII° siècle, le roulage entubado est la méthode utilisée à Cuba.

Elle consiste à former de petits cylindres avec les feuilles de tripe, qui sont d’abord juxtaposées.

On place ensuite au milieu la feuille de ligero, et on adjoint la sous-cape.

Voici une vidéo qui permet de se rendre compte !

Le principal inconvénient de cette technique est qu’elle prend beaucoup de temps.

Le roulage entubado donnerait un meilleur goût, mais c’est difficile de vérifier.

La technique est utilisée à Cuba mais aussi dans d’autres terroirs, et donne des cigares au tirage plus serré.

En accordéon

Le roulage en accordéon est plus rapide que la technique entubado.

Il consiste à faire un petit accordéon avec les feuilles de tripe, en les superposant les unes aux autres avant de mettre la sous-cape.

Le tirage est plus aéré mais tout de même très satisfaisant, et c’est une des techniques les plus utilisées en raison de sa rapidité et surtout de sa fiabilité.

Roulage en « livre »

Enfin, le roulage « en livre », ou « booking » en anglais, est la technique qu’on utiliserait de nous-même si on nous demandait de rouler un cigare : on superpose toutes les feuilles à plat, et on roule ensuite.

Le principal inconvénient est de produire un tirage très serré et une mauvaise circulation de la fumée, et donc des cigares moins bons.

L’avantage est évidemment que ça va plus vite, et c’est la raison pour laquelle certaines manufactures l’utilisent pour maximiser leur rendement.

Roulage avec la cape

Avant d’adjoindre la cape, les poupées sont placées dans des moules en bois qui vont les compresser pour bien prendre leur forme.

C’est souvent un autre torcedor qui applique la feuille de cape.

La feuille de cape, plus humide et plus flexible, est placée à plat et coupée de manière à adopter une forme courbe.

Ensuite, on commence par le pied et on termine par la tête. Le restant de la feuille de cape est coupé et sert pour faire la coiffe.

Les outils du torcedor

Le torcedor, ou rouleur, a à sa disposition plusieurs outils pour rouler les cigares.

Traditionnellement, les cigares sont roulés sur du bois, mais on voit aussi des alternatives modernes en métal, qui donneraient une meilleure précision de coupe.

L’outil le plus utilisé et le plus connu est la chaveta, une lame en forme de demi-lune qui sert à couper les feuilles, mais aussi quelquefois à faire rouler le cigare.

Il existe une alternative moderne à la chaveta qui ressemble à un mini coupe-pizza.

chaveta-rouler-cigares
On voit bien la chaveta à droite de l’image.

En plus des moules, dont on a déjà parlé, le torcedor dispose d’une guillotine qui lui sert à couper la poupée à la bonne taille, de colle végétale.

Le casquillo, un petit poinçon, sert à prélever un disque de feuille de cape pour terminer la coiffe.

Un torcedor expérimenté (la majorité sont désormais des femmes, les torcedoras) peut rouler ainsi jusqu’à 150 cigares par jour !

Il existe aussi un autre outil, qu’on appelle la machine Lieberman. Elle sert à rouler la poupée de manière plus rapide, mais elle est toujours utilisée à la main.

Cette machine n’est pas utilisée à Cuba.

Contrôle qualité des cigares

Une fois les cigares roulés, ils sont placés dans des boîtes en bois qui indiquent la date de fabrication ainsi que le torcedor.

Contrôle qualité

Au contrôle qualité, on vérifie le poids, la longueur, le diamètre, la consistance, la confection et l’aspect de chacun des cigares.

Sur toute la production, on prélève un échantillon qu’on dissèque pour vérifier la construction.

Comme les rouleurs sont souvent payés à l’unité, il est très important pour eux d’atteindre leur quota, mais aussi de ne pas avoir de cigares évincés au contrôle qualité.

On contrôle aussi le tirage de certaines poupées prélevés au hasard grâce à une machine :

Et certains cigares sont prélevés pour être goûtés.

Contrôle des couleurs

Une fois les cigares frais roulés, ils patientent quelques semaines dans une pièce dédiée et subissent une fumigation dédiée à tuer les oeufs de lasiodermes.

Ensuite, c’est au tour de l’escogedor de trier les cigares par couleur, avant le baguage et la mise en boîte.

On dit que les escogedores sont en mesure de reconnaître près de 80 teintes de cape différentes.

Baguage & mise en boîte des cigares

La bague est ensuite appliquée, et les cigares sont mis en boîte.

Dans la boîte, on essaie de mettre des cigares d’une même couleur. S’ils n’ont pas tous la même couleur, ils sont obligatoirement rangés de gauche à droite, du plus sombre au plus clair (un bon moyen de repérer les faux cigares !).

Il existe beaucoup de types de boîtes différents : c’est donc un sujet pour un autre article !

Après la mise en boîte, en fonction des marques, les cigares sont congelés pendant plusieurs jours (avant expédition) de manière à tuer les œufs de lasiodermes.

Conclusion : la fabrication des cigares est un processus long !

Tu as dû le lire un peu partout : la fabrication d’un cigare est un processus de longue haleine, qui fait intervenir plusieurs centaines d’individus sur plusieurs années.

Il s’agit bien sûr d’un produit artisanal, mais fabriqué à une échelle industrielle : Cuba exporte près de 100 millions de cigares par an, et on estime la production mondiale à plus de 400 millions de cigares par an.

Même si les contrôles qualité sont présents, il y a donc bien plus de marge d’erreur que pour une étagère IKEA 🙂

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